L'Ermitage de Bragette

Se reposer en toute sérénité

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Bouillaud, sa fille chanoinesse et son oncle médecin de l'armée impériale

Le tènement de Bragette

De ce que l'on sait, le hameau de Bragette est un ancien fermage. Les archives départementales relatent la prise du Mas (ou tènement) de Bragette en 1456. Au centre du hameau on retrouve les vestiges d'un grand four à pain ? à tuiles ?. Comme dans beaucoup de fermes l'hiver on fabriquait des tuiles et briques en complément de revenus. D'autres fours étaient répartis selon les familles. Il existe encore un four à pain visible dans la 1ère maison du village, et une citerne voutée en pierre. L'actuel "Ermitage" regroupe 3 parcelles ayant chacune leur autonomie en eau (puit ou citerne). Un des bâtiments dont le porche mentionne 1778 possédait un four pour les tuiles d'un côté et une étable de l'autre.


Les Bouillaud à Bragette

En 1658 il est question à Bragette de Michel Bouillaud, laboureur; de Jean Bouillaud, praticien (l'oncle de Jean-Baptiste ?) et un autre Jean Bouillaud, marchand, qui marie sa fille en 1666 à Nicolas Renon de Garat.
Le 31 décembre 1671 un Pierre Bouillaud marie sa fille à Martial Dupuy, maître tablier (tuilier) à Denat.
C'est en 1738 que l'on trouve des actes parlant d'un Jean Bouillaud, jeune tuilier, venant de mourir... La tuilerie, située en contrebas car le hameau est à flan de colline, faisait partie des nombreuses fabriques de tuiles très fréquentes dans la région grâce aux filons argileux du sous-sol. Elles ont laissées leur nom à de nombreux lieux-dit.
C'est un autre Jean Bouillaud qui se marie à Bragette le 13 février 1757.Ce dernier se remariera en 1768 avec une veuve de Bouëx, village voisin.

Le 16 septembre 1796 naîtra ici Jean(Baptiste) Bouillaud, passant à la prospérité pour ses innombrables travaux sur le cerveau et le coeur.
En 1900 le domaine faillit devenir un couvent par la volonté de sa dernière fille, propriétaire des lieux. Mais les lois de 1905 eurent raison du projet.


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Jean-Baptiste Bouillaud fut l'un des plus célèbres médecin du XIXème siècle. C'est lui qui découvrit le rhumatisme articulaire aigu et conquit l'une des premières places en cardiologie en son temps. Député de la Charente puis Président de l'académie de médecine à Paris, chevalier de la Légion d'honneur, il mourut le 29 octobre 1881.


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A Angoulême la Place Bouillaud, abrite aujourd'hui la gare routière régionale qui jouxte les jardins de l'Hôtel de Ville où une statue en bronze de 2m30 de Bouillaud avait été érigée. Elle a été fondue pour les besoins de la guerre et aujourd'hui c'est une plaque le représentant qui a été apposée sur une des tour du château de Marguerite de Valois, soeur de François 1er.


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A Bragette le porche de sa demeure (aujourd'hui maison de vacances) rappelle sa naissance en ce lieu. Le domaine est appelé "Ermitage de Bragette" car Marie Bouillaud,sa fille cadette, chanoinesse d'un ordre religieux, décida d'y construire en 1900 une importante chapelle néo-gothique en vue d'y implanter une congrégation religieuse d'inspiration autrichienne !


La chanoinesse

Ainsi les lieux actuelles sont l'oeuvre de la 3ème fille de Jean-Baptiste Bouillaud, célibataire, chanoinesse auto proclamée, elle fut un personnage pittoresque et original. Elle avait tout prévu : la Cour d'honneur, le bureau où elle recevait, le grand salon d'attente, la Chapelle, la Tour principale et ses tourelles, ainsi que les appartements privés...
Aujourd'hui encore l'on peut découvrir quelques unes de ses "fantaisies" comme la petite trappe au fond du foyer de la grande cheminée qui orne le salon d'attente (actuellement la grande chambre bleue). Par cette petite ouverture dissimulée derrière les flammes, elle pouvait voir, de son bureau et sans être vue, les visiteurs qui patientaient! De même elle avait prévu de pouvoir assister aux offices de la chapelle par un passage privé directement de sa chambre à la tribune.
Partout dans la maison l'on retrouve des étoiles et des coeurs en l'honneur de son père. Sans doute une allusion aux temps des romains où les personnages illustres étaient présentés environnés d'étoiles, comme faisant partie de l'univers.

La légende dit qu'elle dissimula un trésor sous la 1ère pierre de sa chapelle... mais lorsque l'on mit à jour des ossements de chien sous le carrelage de la sacristie, une rapide enquête montra que ladite chanoinesse avait un petit chien qu'elle emmenait partout et dénommé... Trésor !

Malheureusement pour elle, Les lois de 1905 sur la séparation de l'église et de l'état vinrent contre-carrer ses projets de congrégation religieuse qui ne vit jamais le jour.


Le médecin

Jean-Baptiste Bouillaud, naît en pleine Révolution.
Après de brillantes études au lycée, il monte à Paris et suit les cours du Dr Guillaume Dupuytren, chirurgien et anatomiste de renom.

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Bouillaud participa avant même d'avoir achevé ses études, aux campagnes napoléoniennes de 1815, ce n'est qu'à la suite de la défaite de Waterloo qu'il achèvera ses activités universitaires avec son doctorat de médecine en 1823, à Paris.


Robert Debré écrit dans "Nos enfants, c'est notre éternité" (ce que je crois) :
"C'est à Paris en octobre 1816 où il loge dans une misérable pension dans le quartier latin qu'il rencontre Balzac qui s'inspirera plus tard de lui pour créer son personnage d'Horace Bianchon dans la Comédie Humaine".

Plus de détails sur le site de l'association de cardiologie francophone :
Biographie de JB Bouillaud par de Dr François BOUSTANI

Jean-Baptiste Bouillaud débute sa carrière en 1818 comme externe à l'hôpital Cochin auprès du Professeur Bertin. A 30 ans, il devient membre de l'Académie royale de médecine. Par la suite il deviendra Professeur de Clinique médicale à La Charité.
Passionné de neurologie, il montre le rôle du cervelet dans le maintien de l'équilibre et affirme que "les mouvements des organes de la parole sont régis par un centre cérébral spécial indépendant, occupant les lobes antérieurs ".

En cardiologie, J-B Bouillaud a décrit et donné leur appellation aux "bruits de galop" et a publié le Traité clinique des maladies du coeur. Il sera le premier à démontrer le lien entre la polyarthrite et l'endocardite dans son ouvrage, édité en 1840, le Traité clinique du rhumatisme articulaire et la loi des coïncidences, des inflammations du coeur avec cette maladie.

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"La leçon sur le cadavre" Représentation de Bouillaud par Edmond Guet, élève d'Yvon, décorant la salle de garde de la Charité en 1860. Le tableau original (3,41m x 1,13m) est en couleur, il a été ici converti en noir et blanc. Photographie prise au musée de l'Assistance Publique à Paris et reproduite avec aimable autorisation. (http://www.freres-goncourt.fr/soeurphil/guet.htm)


Le politicien

De 1842 à 1846 Bouillaud fut élu député de la Charente.

En 1848, il est nommé Doyen de la Faculté de médecine de Paris.

Membre de l'Académie de médecine et de l'institut Pasteur, il devient Président de l'Académie de médecine en 1862.

En 1864 il reçoit la médaille de Commandeur de la légion d'honneur.

A la fin de sa vie, assidu aux réunions de l'Institut et de l'Académie de médecine, il fait preuve de conformisme et de réticence aux progrès : "Je crois - disait-il - qu'il y a erreur de la part de monsieur Pasteur lorsqu'il prétend que la vieille médecine doit faire place à la nouvelle."

Il est l'auteur d'une oeuvre considérable sur les affections cardiovasculaires, les rhumatismes et les affections nerveuses...


Son mentor

Sa passion et son renom, Jean-Baptiste Bouillaud les doit beaucoup à son oncle Jean Bouillaud, médecin militaire français né le 9 mai 1762 dans le même petit village de Garat.

Il fut son mentor. Fils de paysans aisés à Garat, il fut dans un premier temps étudiant chez le médecin généraliste Detreite à Villebois-Lavalette (village voisin) puis gagne la capitale où on le retrouve inscrit au cours de chirurgie pratique et d'anatomie du Général Dessault chirurgien-chef de l'Hôtel Dieu à Paris.

Happé par l'élan révolutionnaire, Jean Bouillaud s'engage au printemps 1792 dans l'armée en tant que chirurgien sous-aide-major. Opérant les blessés dans un hôpital ambulant de l'armée des Ardennes, il devient ensuite chirurgien-major de la 36ème demi-brigade d'infanterie, unité qu'il ne quittera qu'en 1815. Totalement dévoué à l'empereur, il suit en effet ce régiment et participe à de nombreuses campagnes militaires. Après avoir servi dans les Ardennes, en Belgique et en Allemagne durant la Révolution, il appartient dès 1804 à la Grande Armée Napoléonienne.

Au camp de Saint-Omer le Maréchal Soult ne cesse d'envoyer des courriers en sa faveur pour qu'il obtienne le titre de chevalier de la Légion d'honneur. Il arbore finalement la croix par décret du 26 avril 1806 sans avoir participé à la campagne d'Allemagne de 1805 qui s'achève par la brillante victoire d'Austerlitz.

Parce que la guerre continue, malgré une trêve de plusieurs mois, Bouillaud est alors envoyé en octobre 1806 en Prusse puis en 1807 en Pologne. De 1808 à 1813 il s'occupe des nombreux blessés et malades de l'armée d'Espagne et du Portugal avant de rejoindre la France en 1814.

Observant amèrement la défaite de la France, il semble accepter le retour du roi. L'enquête ordonnée par le ministère de la guerre durant l'été 1814 juge en effet sa conduite raisonnable et honorable. Pendant les Cent-Jours il est de nouveau sollicité et assiste impuissant à la seconde invasion du territoire français. Incorporé à l'armée du Rhin (donc non présent à Waterloo comme certaines sources l'indiquent) il se signale une nouvelle fois par son dévouement.

Mis en demi-solde comme de nombreux anciens officiers de l'armée impériale, il semble gagner la capitale. Après s'être marié en 1822 il décide de s'occuper de son neveu, alors Externe à l'Hôpital Cochin à Paris...

À son décès en 1829, place de l'Estrapade à Paris, il lègue sa modeste fortune à celui qui va devenir l'une des grandes figures de la médecine française du XIXe siècle : son neveu Jean-Baptiste. (également appelé Jean Bouillaud)






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